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Gaz de schiste : l’OPECST saisi sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique

Posté par bretagnenonaugazdeschiste le 20 novembre 2012

Energies  |  16 novembre 2012  |  Actu-Environnement.com

La commission des affaires économiques du Sénat vient de saisir l’Office
parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST)
afin qu’il étudie les solutions alternatives à la fracturation hydraulique pour
l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de schiste.

« Sans qu’il soit question de revenir sur la prohibition du recours aux
techniques de fracturation hydraulique, la commission a considéré qu’il serait
regrettable d’interdire toute réflexions et recherches permettant la mise au
point de technologies alternatives et respectueuses de l’environnement », se
justifie la commission.

Depuis la loi française qui interdit spécifiquement cette technique, de
nombreuses questions se posent sur les alternatives. Le Président de la
République lui-même a souligné lors de sa première conférence de presse
bi-annuelle, le 13 novembre, que « la recherche est possible sur d’autres
techniques que celle de la fracturation hydraulique ».

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Renonçons au mirage du gaz de schiste !

Posté par bretagnenonaugazdeschiste le 6 novembre 2012

les invités de Médiapart 5 novembre 2012

 

« Le gouvernement ne retiendra pas la proposition de Louis Gallois de reprendre les recherches concernant l’exploitation des gaz de schiste », se félicite Jean-Paul Chanteguet, député PS de l’Indre, président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, en rappelant que l’exploitation de cette énergie ferait peser les « coûts environnementaux et sanitaires » sur la collectivité.


Le Premier Ministre a tranché: le gouvernement ne retiendra pas la proposition de Louis Gallois de reprendre les recherches concernant l’exploitation des gaz de schiste. Se démarquant de la ligne définie lors de la conférence environnementale le 14 septembre dernier, l’ancien patron d’EADS a pris le relais de l’association française des entreprises privées. La quasi-totalité du CAC 40  et des grandes entreprises françaises réunies au sein de l’Association française des entreprises privées (AFEP) réclamaient le 28 octobre dernier le droit d’explorer et d’exploiter la ressource nationale que constituent les gaz de schiste.

Ces prises de position sonnent comme des injonctions au pouvoir politique accusé en creux de vouloir priver la France d’une richesse évidente au moment où notre pays est frappé par la pire crise depuis la seconde guerre mondiale. Elles s’accompagnent ensuite dans le débat public de critiques sur le principe de précaution qui ralentit les projets industriels, interdit des activités pourtant développées ailleurs et renchérit les coûts d’exploitation des entreprises. Elles développent enfin une mise en cause plus globale: décider en toute conscience de laisser le gaz de schiste prisonnier de la roche mère reviendrait à renoncer au progrès et à s’inscrire dans une démarche frileuse, récessive, en somme à choisir la voie du déclin.

C’est pourtant tout le contraire. La transition énergétique que François Hollande a décidé d’engager vise à mettre en place un nouveau modèle de croissance intelligent, durable et solidaire fondé sur des énergies renouvelables et efficaces qui prennent peu à peu le relais des énergies fossiles. Le charbon, le pétrole, le gaz qui ont porté la révolution industrielle et permis des  croissances phénoménales sont des ressources finies et plus personne ne peut ignorer les dégâts que leur exploitation cause en termes de pollution et de changement climatique. Extraire le gaz de schiste, c’est s’obstiner dans cette voie du passé en exploitant à des coûts toujours croissants pour le climat, l’environnement et la santé les dernières ressources disponibles alors que l’énergie du futur, celle du XXIe siècle reste privée des investissements nécessaires à son développement. Permettre l’exploitation de ce gaz, ce serait donc pour la puissance publique sacrifier l’avenir au très court terme et préférer, à la défense de l’intérêt général, la protection de quelques intérêts privés. Et si d’autres pays ont pourtant choisi cette voie, au premier rang desquels les Etats-Unis, il n’est pas interdit à l’Etat français d’en comprendre les raisons, d’en tirer les leçons et d’assumer préférer un autre chemin.

Mais passons au détail de ce qui doit en toute conscience nous faire renoncer à exploiter le gaz de schiste. Car tout doit être dit dans ce débat, les risques comme les enjeux analysés, les faux semblants comme les faux espoirs décrits pour mieux s’en départir.

Notre pays s’est engagé  comme ses 26 partenaires européens à réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Il s’agit de ralentir, sinon d’inverser la trajectoire du changement climatique qui nous mène à des dérèglements économiques, sociaux et migratoires d’envergure. Mieux, la France par la voix de François Hollande souhaite convaincre l’Union européenne d’aller jusqu’à une réduction de 40 % en 2030 et de 60 % en 2040. Elle est loin de ces objectifs. Or, l’exploitation du gaz de schiste selon plusieurs études concordantes, dont celle de Robert Howarth de l’Université Cornell dans l’Etat de New York, a une empreinte carbone équivalente à celle du charbon, la source d’énergie la plus émettrice de gaz à effet de serre. Si l’on additionne les émissions dues au forage, à l’extraction, au transport et à la dépollution des immenses quantités d’eau utilisées, le résultat est accablant. L’émission de méthane y contribue largement car ce gaz émis lors de l’extraction du gaz de schiste a un pouvoir réchauffant bien plus élevé que le CO2 sur vingt ans, justement la période la plus critique durant laquelle la Communauté internationale doit limiter la hausse des températures.

L’exploitation du gaz de schiste a ensuite un impact considérable sur la ressource première et essentielle à la vie qu’est l’eau. D’un point de vue quantitatif tout d’abord. Le forage classique d’un seul puits, à raison de dix fracturations, utilise une vingtaine de millions de litres d’eau. La captation de la ressource par des puits forcément nombreux du fait de leur faible rentabilité est telle aux Etats-Unis qu’elle conduit à des conflits d’usage entre l’industrie pétrolière, les citoyens parfois rationnés et les agriculteurs qui finissent par vendre leurs ressources aquatiques et renoncer à leurs cultures. D’un point de vue qualitatif ensuite. La fracturation de la roche est opérée par un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques. En tout quelques 750 composés dont 29 ont été reconnus aux Etats-Unis cancérigènes et à risque pour la santé humaine. Une partie de ces produits auxquels il convient d’ajouter de l’arsenic et des éléments radioactifs, qui remontent des couches fracturées, s’échappent dans le sol, rejoignent les nappes phréatiques et/ou remontent à la surface où ils polluent l’air. Quant à l’eau, elle doit bien sûr être traitée avant d’être réutilisée. Les habitants des zones forées se trouvent ainsi exposés à de multiples polluants qui dégradent leur santé. L’environnement  en surface est lui aussi concerné. La noria de camions (un millier de trajets par puits) qui transportent l’eau, le matériel et le gaz provoque des nuisances sonores, oblige à un lourd entretien des voies et entraîne l’artificialisation de territoires naturels et la destruction d’écosystèmes. Enfin plusieurs régions d’exploitation ont été victimes de séismes aux Etats-Unis comme au Royaume Uni attestant des conséquences de la fracturation sur les couches profondes de la terre.

Tous ces coûts environnementaux et sanitaires ne sont bien sûr jamais pris en considération par les promoteurs de l’exploitation du gaz de schiste. L’idée qu’il convient désormais d’internaliser dans le prix de la production l’ensemble des réparations des dégâts causés à la santé humaine et aux biens communs que sont l’eau, l’air, le sol, la biodiversité n’entre pas dans les calculs de rentabilité. Le faible prix de cette énergie vanté par ses promoteurs est donc largement biaisé puisqu’au final c’est la collectivité qui devra en payer le véritable coût. Quant à l’intérêt de l’autonomie qui serait ainsi reconquise et des économies qui seraient réalisées en termes de balance commerciale, ils sont à rapporter aux contrats à long terme qui nous lient à nos fournisseurs de gaz à des prix indexés sur ceux du pétrole. Enfin l’argument de la création d’emplois ne tient pas davantage. Les énergies renouvelables sont un gisement largement plus porteur d’avenir. L’Allemagne a ainsi doublé en six ans le nombre de postes dans ce secteur qui employait 370 000 personnes en 2010.

Les Etats-Unis, marqués par une culture foncièrement pétrolière et riches d’un espace géographique sans commune mesure avec le nôtre, privilégient aujourd’hui d’autant plus la liberté de forer le sous-sol que celui-ci appartient au propriétaire du sol. Autant de critères qui expliquent un choix que nous n’avons pas à suivre. Depuis l’époque de Napoléon notre administration régit au contraire l’exploitation des mines via un code qui doit aujourd’hui être adapté à la protection de l’environnement, à la transparence du débat et à un nouveau partage de la richesse. Le nouveau code minier, réformé dans les mois à venir, devra proclamer l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures par fracturation ou fissuration de la roche mère en l’assortissant de sanctions pénales et d’amendes fortement dissuasives en cas de violation. Les députés socialistes soutiendront cette avancée majeure qui accompagnera la France sur le chemin de la transition énergétique en la débarrassant de ce mirage du gaz de schiste que certains veulent nous faire prendre pour un horizon.

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A la mode des hydrocarbures non conventionnels ?

Posté par bretagnenonaugazdeschiste le 6 novembre 2012

http://www.connaissancedesenergies.org/

parue le 30 oct. 2012

Les dirigeants de grandes entreprises françaises, réunis au sein de l’AFEP (Association française des entreprises privées), ont envoyé lundi une lettre au président de la République pour présenter un nouveau pacte de compétitivité. Ils y soulignent, entre autres, la nécessité de « se donner les moyens d’explorer et d’exploiter nos ressources nationales comme les gaz de schiste ». Cette exploitation, interdite (par fracturation hydraulique) par la loi depuis juillet 2011, est soumise à controverse en France. Ce n’est pas le cas dans d’autres pays qui investissent massivement dans les hydrocarbures non conventionnels, y voyant le moyen de stimuler leur croissance ainsi que leur marché de l’emploi.

Pologne : un potentiel équivalant à 130 ans de consommation nationale

Le 12 octobre dernier, le Premier ministre Donald Tusk a présenté un plan d’investissements faisant la part belle aux gaz de schiste : près de 50 milliards de zlotys, soit près de 12,5 milliards d’euros, devraient être consacrés d’ici à 2016 à ces hydrocarbures par l’État polonais et plusieurs sociétés du secteur (notamment PGNiG, PKN Orlen, Lotos ou encore KGHM dont l’État est actionnaire).

En avril 2011, une étude de l’Energy Information Administration (EIA) américaine avait évalué les gisements de la France et de la Pologne à plus de 5 000 milliards de m3, l’équivalent pour la Pologne de plus de 350 ans de consommation intérieure de gaz. Le pays n’avait pas attendu cette étude pour octroyer des licences d’exploration de gisements (plus de 110 depuis 2007), notamment à ExxonMobil et Chevron. Malgré une réévaluation à la baisse de ses réserves et le retrait d’ExxonMobil en juin dernier, la Pologne maintient actuellement le cap d’une exploitation commerciale des gisements qu’elle souhaiterait voir débuter dès fin 2014.

Le volontarisme polonais est stimulé par la perspective de se défaire de sa dépendance aux importations de gaz russe. Plus de 60% des 15 milliards de m3 que consomme annuellement la Pologne proviennent de Gazprom. En mars 2012, l’Institut national de géologie polonais (PIG) a estimé les réserves exploitables de gaz de schiste à 1 920 milliards de m3 au maximum, soit l’équivalent de près de 130 ans de consommation nationale. En tenant compte des technologies actuelles, approximativement un tiers de ces ressources pourrait être aujourd’hui récupéré(1). L’exploitation des gaz de schiste pourrait d’autre part permettre de réduire la part du charbon dans le mix électrique national (actuellement proche de 90%) et donc les émissions nationales de gaz à effet de serre. Le gouvernement polonais y voit un moyen de respecter ses engagements européens, dans le cadre du paquet Énergie-Climat.

États-Unis : une économie de 70 milliards de dollars sur la facture énergétique

Aux États-Unis, l’exploitation des gaz de schiste a contribué à diviser les prix du gaz par 2 sur le marché américain entre janvier 2010 et septembre 2012(2). Elle a également permis de produire d’autres hydrocarbures comme l’éthane, stimulant ainsi fortement l’industrie chimique qui en est une importante consommatrice. Avec une production en constante hausse depuis 2005, les États-Unis sont ainsi devenus le premier producteur mondial de gaz naturel devant la Russie.

L’exploitation de pétrole non conventionnel a également un effet important sur l’économie américaine, à commencer par la facture énergétique du pays. La part des importations satisfaisant la consommation nationale de pétrole a été réduite de 60% en 2005 à 42% aujourd’hui. Cela est dû à une hausse de 25% de la production domestique, après plusieurs décennies de baisse depuis 1970. Au rythme actuel, les importations nettes de pétrole par les États-Unis sont évaluées par le cabinet d’études IHS(3) à 319 milliards de dollars pour l’année 2012, ce qui correspond à près de 45% du déficit commercial américain. La production issue des gisements de pétrole non conventionnel aurait toutefpos permis selon IHS d’éviter 70 milliards de dollars supplémentaires d’importations.

En pleine campagne électorale, Barack Obama et Mitt Romney misent donc tous deux sur les hydrocarbures non conventionnels en affichant leurs effets sur l’emploi. Toujours selon l’étude d’IHS, le secteur des hydrocarbures non conventionnels emploierait aujourd’hui plus de 1,7 million de personnes. Ce nombre pourrait, selon les projections de cette étude, atteindre 2,5 millions d’ici à trois ans et jusqu’à 3,5 millions en 2035. Les questions environnementales nées de l’exploitation mal encadrée des débuts sont moins abordées aujourd’hui alors qu’elles sont encore très présentes en France.

(1) Des géologues américains (United States Geological Survey) ont présenté des estimations bien inférieures et le PIG prévoit d’actualiser ses données d’ici fin 2013.

(2) Prix spot du gaz naturel, US Energy Information Administration

(3) IHS est une agence américaine d’intelligence économique proche du secteur industriel.

« America’s New Energy Future : The Unconventional Oil and Gas Revolution and the US Economy », IHS

Site du Premier Ministre de la Pologne

Perspectives de l’exploitation des gaz non conventionnels en Pologne

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Une unité de méthanisation près des serres de tomates – Montauban-de-Bretagne

Posté par bretagnenonaugazdeschiste le 6 novembre 2012

mercredi 10 octobre 2012


Un exemple de fermenteurs d'une usine de fermentation.

Entretien

Clémentine Mazières,

chef de projet chez Vol-V Biomasse.

C’est un investissement de 7 à 8 millions d’euros pour une production d’énergie renouvelable. La société Vol-V a présenté jeudi soir en conseil municipal l’avancement d’un projet de méthanisation à Montauban-de-Bretagne.

Quelles sont les activités du groupe Vol-V ?

Vol-V est un opérateur en énergies renouvelables qui développe, finance et exploite des centrales de production d’énergie verte en France, sur les filières éolienne, photovoltaïque et biomasse.

Comment fonctionne une usine de méthanisation ?

La méthanisation est un processus biologique de dégradation de la matière organique. Lors de cette dégradation, un gaz appelé biogaz se dégage, contenant du méthane. C’est une réaction naturelle qui se produit par exemple dans les marais ou dans la panse des vaches. Les unités de méthanisation reproduisent ce phénomène dans des cuves hermétiques et chauffées. Le gaz récupéré peut être brûlé dans un moteur pour produire de l’électricité et de la chaleur.

Quelle est la production d’énergie attendue ?

Nous tablons sur une production de méthane de l’ordre de 2,2 millions de m 3 qui permettrait de répondre à la consommation annuelle en électricité de plus de 3 800 personnes. Le système de refroidissement du moteur produit également une énergie sous forme d’eau chaude, qui sera utilisée pour le chauffage des serres de tomates voisines du site.

Pourquoi avoir choisi un terrain à proximité de serres maraîchères ?

Les besoins d’énergie thermique pour des serres de tomates correspondent bien au type d’énergie que nous pouvons produire. Les exploitants de ces serres cherchaient des solutions de remplacement partiel de l’énergie fossile qu’ils utilisaient, tout en réduisant leurs coûts de production liés au chauffage des serres. Nous nous sommes rencontrés avec des intérêts complémentaires…

Quels sont les enjeux pour le territoire ?

C’est un projet de production locale d’une énergie renouvelable, utilisée localement et à partir de ressources organiques locales non valorisées. Il contribue ainsi, dans une petite mesure, à l’autonomie énergétique partielle du territoire.

Quand l’usine sera-t-elle opérationnelle ?

La centrale serait programmée au deuxième semestre 2014 pour une mise en service début 2015.

Renseignements auprès de Clémentine Mazières au 02 99 84 88 35 ou par mail à c.mazieres@vol-v.com

 

Méthanisation : Définition scientifique

 http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/methanisation
Définition et catégories

La méthanisation est un processus de décomposition de matières pourrissables (putrescibles) par des bactéries qui agissent en l’absence d’air. On nomme ce processus de décomposition « fermentation anaérobie ».

Ce procédé permet de générer une énergie renouvelable, du biogaz qui comporte entre autres du méthane (CH4) et du dioxyde de carbone (CO2) ainsi que du compost (un « digestat » utilisé comme fertilisant). Le biogaz peut être transformé en chaleur, en électricité et en carburant pour véhicules. Le phénomène de méthanisation se produit naturellement dans les gaz des marais, lieu de décomposition de matières végétales et animales où l’on peut observer la formation des bulles à la surface de l’eau.

On distingue deux types de déchets que l’on peut méthaniser :

  • les effluents liquides :
  • les eaux résiduaires, urbaines ou industrielles ;
  • les effluents d’élevage (lisiers) ;
  • les boues d’épuration qui sont souvent des boues mixtes composées des boues primaires et des boues biologiques. Les boues primaires sont les dépôts récupérés par une simple décantation des eaux usées et les boues biologiques sont principalement constituées de corps bactériens et de leurs sécrétions ;
  • les effluents agro-alimentaires.
  • les déchets solides organiques :
  • les déchets industriels : déchets de transformation des industries végétales et animales ;
  • les déchets agricoles : substrats végétaux solides, déjections d’animaux ;
  • les déchets municipaux : journaux, déchets alimentaires textiles, déchets verts, emballages, sous-produits de l’assainissement urbain.
Fonctionnement technique ou scientifique

La méthanisation est un procédé complexe. Le principe est le suivant : les déchets organiques sont stockés dans une cuve cylindrique et hermétique que l’on appelle « digesteur » ou « méthaniseur » dans laquelle ils sont soumis à l’action de micro-organismes (bactéries) en l’absence d’oxygène. Les réactions biologiques mises en jeu par la méthanisation sont complexes mais globalement on repère trois grandes étapes :

  • l’hydrolyse et l’acidogénèse : les chaînes organiques complexes (protéines, lipides, polysaccharides) sont transformées en composés plus simples (acides gras, peptides, acides aminés) ;
  • l’acétogénèse : les produits de l’acidogénèse sont convertis en acide acétique ;
  • la méthanogénèse  : l’acide acétique est transformé en méthane et en gaz carbonique.

Une fois méthanisée, la matière résiduelle (digestat) est stockée.

Il existe également un procédé physique, la méthanation, qui, par gazéification de biomasse sèche, généralement du bois, sous l’effet de la température, conduit à la production de méthane, de gaz de synthèse et de CO2. Ce procédé, dont une version primitive était à la base des gazogènes utilisés pour la traction automobile pendant la seconde guerre mondiale, est actuellement en cours de développement pour la production de méthane « vert ».

 

Méthanisation biomasse

Processus de méthanisation (©2010)

Enjeux par rapport à l’énergie

Enjeux économiques

Le biogaz produit par méthanisation est une énergie dont les sources sont assez uniformément réparties dans le monde. Le biogaz peut se substituer au gaz naturel dans tous ses usages actuels : production de chaleur, production d’électricité et carburant pour véhicules.

Par ailleurs, la matière digérée restante après le processus de méthanisation appellée « digestat » est majoritairement recyclable, notamment sous forme d’engrais. Elle peut donc permettre aux agriculteurs de réaliser des économies substantielles. Le biogaz peut également leur apporter un complément de revenus par la vente de l’électricité issue de sa combustion à des tarifs de rachat préférentiels.

Enjeux environnementaux et agronomiques

Si le biogaz est une énergie renouvelable, sa production et son utilisation engendrent toutefois des rejets polluants dans l’atmosphère. Ceux-ci restent moins importants que ceux des énergies fossiles.

Une fois retraité, le digestat est un produit fertilisant à haute valeur agronomique. Il est très facilement assimilable par les plantes car il est majoritairement constitué d’ammoniac, produit de la transformation de l’azote qui y était contenu avant la gazéification.

La méthanisation permet également, à l’échelle locale, de supprimer le problème du stockage des matières pourrissables (odeurs et concentration d’insectes).

Acteurs majeurs

En Europe, la méthanisation se développe dans des pays tels que l’Autriche, le Danemark, la Suisse et surtout l’Allemagne, pays le plus avancé dans ce secteur avec près de 7 000 installations (générant près de la moitié du biogaz produit en Europe) en 2011 dont la plus grande usine de méthanisation au monde. De manière générale, la méthanisation est en expansion dans les pays riches (par exemple au Canada), comme en Europe. Dans les pays en développement, certains paysans fabriquent des « digesteurs » à leur façon : des bidons, des sacs en plastique, des tuyaux d’arrosage, etc.

Unités de mesure et chiffres clés

La production énergétique d’une unité de méthanisation traitant 15 000 tonnes/an de déchets permet, en équivalence :

  • d’assurer la consommation de carburant de 60 bus urbains(1).
  • de garantir le chauffage de 700 maisons ou l’eau chaude sanitaire de 3 500 maisons(2).
  • de garantir par cogénération l’électricité spécifique de 1 300 logements, plus l’eau chaude pour 2 000 autres(3).
Passé

L’histoire de la méthanisation débute en 1776 avec la découverte du méthane par Alessandro Volta. Ce comte et savant italien identifie dans les bulles de gaz émises par les vases en putréfaction du lac Maggiore, l’existence de « gaz hydrogène carboné ».

En 1808, le britannique Humphrey Davy démontre la présence de méthane dans les gaz produits lors de la décomposition de lisiers. Soixante ans plus tard, en 1868, l’agronome Jules Reiset repère le dégagement de l’hydrogène photocarboné (gaz des marais), un gaz combustible en étudiant la dynamique de l’azote dans les fumiers.

Cependant, la première application des traitements anaérobiques est mise en œuvre près de 100 ans après sa découverte. En 1897, un premier digesteur est construit par les Anglais en Inde à Matunga (près de Bombay) avec l’objectif de produire du carburant pour véhicule.

Plus tard, entre les deux guerres, de nombreux travaux font progresser la digestion anaérobie des boues des stations d’épuration, en particulier en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. De nombreux digesteurs entrent en service dans les années 1930-1940 sur des stations d’épuration et la méthanisation connaît un regain d’intérêt durant la Deuxième Guerre mondiale pour suppléer le manque de carburants. Dans la même logique, les divers chocs pétroliers relancent l’activité biogaz. A l’heure actuelle, les contraintes environnementales et les progrès technologiques réalisés donnent un nouvel attrait à ce mode de traitement des déchets organiques.

Présent et futur

Malgré ses atouts, cette technologie nécessite encore des progrès pour être tout à fait efficiente. Le premier point à améliorer est de favoriser l’intégration des installations de méthanisation dans leur environnement. En effet, il faut trouver des débouchés à proximité de ces unités pour écouler la matière organique et l’énergie produites à moindre coût. Ensuite, il faut chercher à affiner la qualité du digestat et du biogaz issus du mécanisme de méthanisation. Une des solutions est de se concentrer sur le tri des matières organiques que l’on peut méthaniser. La qualité du digestat obtenu est tributaire de la nature des déchets organiques traités, mais aussi de la qualité du tri des déchets effectué au départ.

La méthanisation est dans l’incapacité de remplacer l’incinération car elle ne peut pas traiter l’ensemble des déchets actuellement incinérés. En effet, certains matériaux inertes ne sont pas détruits par la méthanisation et peuvent engendrer un dysfonctionnement du procédé.

En France, la filière biogaz s’est significativement développée ces dernières années grâce aux aides publiques dédiées (fonds chaleur, revalorisation du tarif d’achat de l’électricité, etc.), notamment dans le cadre du Grenelle Environnement. A fin 2011, près de 200 installations de méthanisation sont recensés dans le pays (dont 40% dans le secteur industriel et près 20% à la ferme). Selon le Commissariat général au développement durable, la production de biogaz (et sa valorisation sous forme électrique ou thermique) devrait fortement augmenter dans les prochaines années, au regard des nombreux projets en cours et au fort potentiel de la filière.

Le saviez-vous ?

Selon les théories scientifiques, les bactéries responsables de la méthanisation constitueraient les premiers organismes vivants apparus sur Terre, il y a plus de 3 milliards d’années, à une époque où l’oxygène n’existait pas encore dans l’atmosphère. Elles se nourrissaient de molécules organiques présentes dans leur environnement comme aujourd’hui et transformaient le gaz carbonique et l’hydrogène contenus dans ces molécules en méthane et en oxygène. C’est donc grâce aux bactéries productrices du biogaz que nous sommes là aujourd’hui, puisque c’est à elles que nous devons l’apparition de l’oxygène sur Terre.

Concrètement

L’investissement dépend de la taille de l’installation. Il y a néanmoins une taille minimale pour envisager une éventuelle rentabilité. Par exemple, pour une installation de 30 kWe (kilowatt électriques), il faut investir entre 200 000 € à 250 000 €. L’investissement est d’environ 6 700 à 8 300€/kWe(4).

dernière modification le 27 juill. 2012

Sources

 

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